Éthiopie: le premier ministre Abiy Ahmed investi pour un nouveau mandat de cinq ans

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C’est au Parlement ce lundi matin, dans la capitale Addis-Abeba, que le Premier ministre a prêté serment devant la présidente du pays, Sahle-Work Zewde. Abiy Ahmed débute un nouveau mandat de cinq ans et devrait annoncer son gouvernement dans la semaine.

Ensuite, le nouveau Premier ministre s’est rendu sur la Grande place Meskel, au centre de la capitale éthiopienne. C’est ici qu’a eu lieu la cérémonie officielle d’investiture et où Abiy Ahmed a du prononcer son discours.

Mais au-delà de cette cérémonie, son investiture intervient à un moment crucial. Pour le Premier ministre d’une part, lui qui est sorti vainqueur d’un scrutin que les principaux partis d’opposition ont boycotté. Mais aussi pour le pays, car l’Éthiopie est engagée dans un bras de fer diplomatique à propos de la guerre du Tigré. Dimanche, Addis-Abeba a expulsé sept responsables onusiens et s’expose désormais à de nouvelles sanctions américaines.

Pour l’occasion, sept chefs d’État africains ont fait le déplacement. Les présidents ougandais, kényan, sénégalais ou encore nigérian étaient présents. Chacun leur tour à la tribune, les dirigeants africains présents à la cérémonie ont rappelé au Premier ministre éthiopien que sa priorité absolue devait être de ramener la paix dans le pays.

Commencée il y a onze mois, la guerre du Tigré menace toujours la Corne de l’Afrique. Le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a donc prévenu le Premier ministre Abiy Ahmed qu’il devra mettre un terme à ce conflit le plus rapidement possible : « Aujourd’hui, plus que jamais dans le passé, nous espérons voir une nation éthiopienne en paix avec elle même ».

Alors que les discours identitaires s’intensifient de façon inquiétante en Éthiopie, le leader ougandais Yoweri Museveni a appellé Abiy Ahmed à en finir avec le nationalisme ethnique. « Les politiques identitaires ont fait beaucoup de dégâts en Ouganda. Nous avons migré vers une politique basée sur les intérêts. Et j’espère que les Éthiopiens s’en souviendront et feront de même », a déclaré le chef de l’État ougandais.

Un message ensuite relayé à la tribune par le voisin kenyan, Uhuru Kenyatta. « Je vous rappelle qu’aujourd’hui le peuple éthiopien vous a donné un mandat. Un mandat pour établir la paix, pour apporter la stabilité et un mandat pour rassembler tous les éthiopiens », a-t-il plaidé.

Les attentes autour du Premier ministre éthiopien sont claires : mettre fin au conflit tigréen et entamer une réconciliation nationale.

Avec RFI

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